D'un au revoir !

D'un au revoir !
Bonjour à toutes et à tous,

Ce blog s'achève là une fois de plus. Et comme dit le vieil adage : le blog est mort, longue vie au blog !

Pour toutes les raisons que vous avez suivi ou pas, je n'arrive plus à me rattacher à ce blog qui a été fort utile en son temps mais qui, aujourd'hui, tant sur la forme que sur le fond, me laisse perplexe. Alors je continuerai à écrire ailleurs, car je ne peux me passer d'écrire, sur :


http://penserautrement.hautetfort.com


MERCI à tous les lecteurs fidèles ou moins fidèles ;-)
A très bientôt !
Thomas.

# Posté le mercredi 19 décembre 2007 09:57

D'une critique juste d'un contributeur de Désirs d'Aveni

D'une critique juste d'un contributeur de Désirs d'Aveni
Cette analyse d'Elie Arié que je vous propose, contributeur de Désirs d'Avenir, est une analyse que j'avais faite presque point par point à ceux qui ont voulu l'entendre. Ils se reconnaitront. Je n'ai pas fait de notes à ce sujet, c'est pourquoi je retranscris ici ce texte, lucide, pertinent et très juste. De la pure analyse.



"Par Elie Arié. Cet internaute, qui a fréquenté assidûment le site de Ségolène Royal durant la campagne, juge que l'infantilisation allait de pair avec le culte de la personnalité.

À la veille de sa « refondation » annoncée, je vous livre ici mon analyse, que je crois riche d'enseignements, de l'histoire et de l'évolution du site web de Ségolène Royal), que je me suis astreint à fréquenter depuis sa création plusieurs heures par semaine, en y devenant d'ailleurs, sous mon vrai nom, le principal contributeur (7789 messages de toutes sortes, pour y relancer les débats sur tous les sujets et sous toutes les formes possibles).


Riche d'enseignements, en effet, car ce blog était présenté comme l'outil essentiel de la « démocratie participative » qui devait faire l'originalité de la démarche de Ségolène Royal.
Les caractéristiques très originales de ce blog découlent de celles du recrutement très particulier de ses contributeurs :

1) une forte majorité de gens totalement novices en politique (dont beaucoup des fameux « adhérents à 20 ¤ » du PS) sans la moindre expérience militante ou habitude d'analyse, grisés par le mythe d'« être enfin écoutés » -mais ne s'exprimant, pour la plupart, qu'à l'abri d'un pseudo;

2) du fait de la forte composante affective - le titre de son nouveau livre Ma plus belle histoire, c'est vous et irrationnelle que Ségolène Royal a choisi de donner à sa campagne - « nous n'avons pas besoin
de nous parler pour nous comprendre » - Béthune, juin 2007, une forte proportion d'adhésions exclusivement liées à sa personne, prêtes à la suivre inconditionnellement dans toutes les lignes politiques qu'elle a successivement ou simultanément développées ;

3) surtout, l'élimination par des « modérateurs » (en réalité censeurs, « apparatchiks » hautement rompus aux techniques de manoeuvres d'appareil constamment dénoncées sur le site) de toute analyse politique comportant la moindre critique et susceptible de porter atteinte au culte de la personnalité que ce blog a pour but d'entretenir, ce qui a eu pour effet de le vider progressivement de presque tous les contributeurs aux discours un peu structurés, censure allant jusqu'à s'exercer sur des messages faisant référence à des articles de la presse en ligne que tout un chacun peut consulter, mais jugés susceptibles de démoraliser des troupes que l'on souhaite bien-pensantes ou non-pensantes.



Dans un premier temps, jusqu'au discours de Villepinte où Ségolène Royal a dévoilé son « pacte » électoral, le blog a été organisé de façon thématique ; chaque thème a fait ensuite l'objet d'une synthèse, assez bien rédigée ; puis a été conclu par un « ce que j'en retiens » de Ségolène Royal, sans aucun rapport avec les contributions des internautes, mais entretenant l'illusion, chez les plus naïfs d'entre eux, qu'ils avaient personnellement participé à l'élaboration de son programme, et qu‚elle continuait à lire personnellement les messages qu'ils lui adressaient sur son site.

Dans cette première période, on a vu émerger quelques thèmes qui différencient ce blog politique de tous les autres :

- une hallucinante idolâtrie hystérique, avec poèmes et messages d'amour dédiés à Ségolène Royal, états de transe après chacune de ses interventions médiatiques, même les moins réussies (« cette fois, Sarkozy n'a plus aucune chance ») ;

- des démonstrations, chiffres à l'appui, que « Ségolène allait être élue dès le premier tour » ;

- le thème récurrent que « tous les sondages sont truqués par le MEDEF, puisque Mme Parisot est présidente de l'IFOP » ;

- une incohérence -consciente ou non- de nombreux contributeurs expliquant, tant que François Bayrou talonnait Ségolène Royal dans les sondages, que rien ne le différenciait de la droite dure UMP, puis, entre les deux tours, que rien ne le différenciait vraiment de Ségolène Royal.



Dans une deuxième phase, les contributions thématiques étant terminées, ce blog a présenté, il faut le rappeler, comme l'outil de base de la « démocratie participative »- s'est réduit à un forum, en fait plus proche d'un simple chat, au nombre de contributeurs de plus en plus réduit, sans la moindre organisation susceptible de donner lieu à un débat suivi, et dont la majorité des thèmes peuvent être regroupés en quelques grandes catégories :

- quelques-unes des contributions les plus « nunuches » (aucun autre terme ne me vient à l'esprit) que l'on puisse lire sur un site politique (pour s'en faire une idée, lire, parmi bien d'autres, celles signées sous les pseudos « mathiasma » « A Gauche » «monicab » « goalexandre ») ;

- des conseils stratégiques directement adressés à Ségolène Royal (tantôt vouvoyée, tantôt tutoyée), tels que créer son propre parti, prendre le contrôle du PS dès 2008 ou attendre 2010, en exclure les « éléphants », s'exprimer plus souvent ou prendre du recul, aller soutenir les travaillistes en Australie, signer de multiples pétitions.

- une diabolisation infantile de Sarkozy, présenté comme « incapable », « sans cohérence politique » (mais néanmoins « aux ordres du CAC 40 ») « menace pour la démocratie » « fasciste » et même « émule d'Hitler » ;

- un manichéisme binaire finalement assez inquiétant par ce qu'il révèle d'intolérance fanatique : tous les politiques qui semblent soutenir Ségolène Royal sont portés aux nues, puis brusquement précipités aux enfers lorsqu'ils émettent le moindre jugement positif sur la personnalité de Sarkozy ou sur un aspect ponctuel de sa politique : c'est notamment le triste sort qui a été réservé à Julien Dray ou à Manuel Valls ;

- face à tous les problèmes qui se posent à la gauche, des propositions réduites à des incantations ou à des slogans : « Ségolène résoudra le problème de la mondialisation » « la solution, c'est le gagnant-gagnant » « la solution, c'est une table ronde », etc.

- le tout, toujours sous le contrôle de plus en plus vigilant des modérateurs/censeurs, qui, au mépris total de la « charte de modération » très ouverte qu'ils ont édictée, suppriment toute réflexion politique au profit d'une infantilisation dont les effets sont pourtant ravageurs pour l'image de Ségolène Royal auprès de ceux qui viennent consulter ce site pour se faire une idée de ce qu'est la « démocratie participative ».

La superficialité de ces adhésions à Ségolène Royal a été brutalement mise en lumière avec les grèves et les manifestations de Novembre 2007: on a vu alors fleurir les messages besancenotistes, les appels à la révolution et au Grand Soir, les injures contre François Chérèque (le leader syndical pourtant le plus « ségolèniste »par son attitude réformiste, et que j'ai vainement tenté de défendre dans des messages tous censurés) en contradiction totale, mais pas toujours perçue, avec la ligne politique de Ségolène Royal.




En conclusion : cette fragilité des soutiens purement affectifs à Ségolène Royal, susceptibles de s'envoler au moindre événement politique et pourtant volontairement entretenus par ceux qui contrôlent son blog, illustre bien la fragilité des bases de sa démarche politique : on peut lire, dans l'échec de ce blog, l'échec de sa future carrière politique ; il amène aussi à s'interroger sur sa responsabilité dans cet échec, que ce soit par négligence envers sa vitrine politique, ou par son incapacité à dissimuler que sa démarche de « démocratie participative » n'était qu'une opération ratée de marketing politique. "

# Posté le mercredi 05 décembre 2007 13:06

Modifié le mercredi 05 décembre 2007 13:35

De mon Europe 2/2

De mon Europe 2/2
Dans un second temps, il convient de relancer rapidement l'Europe politique. Celle-ci doit nécessairement être restreinte au Benelux, à la France et à l'Allemagne qui constituent, selon moi, les cinq pays dont les sociétés, intérêts et mentalités sont les plus proches. Surtout, ce sont cinq pays qui se connaissent bien et qui savent faire des compromis quand il le faut pour pousser un projet important. Ils savent prendre des décisions en dépassant leurs intérêts nationaux directs. Ces Cinq seraient chargés de mettre en place cette Fédération Européenne que Jean Monnet et Robert Schuman ont appelé de leurs voeux à sept reprise dans leur déclaration du 9 mai 1950. L'important est que, cette fois, elle émerge en un seul texte et de façon complète : Europe politique et sociale intégrée dans une Union Economique Européenne mais surtout ayant une politique étrangère et de défense commune. Les Européens seraient nécessairement consultés soit par la convocation d'une Assemblée constituante pour l'élaboration du texte, soit par référendum pour l'adoption d'un texte préalablement élaboré au sein d'une Conférence Intergouvernementale, soit par les deux procédés réunis. La nouvelle construction doit être une construction légitimée par tous les citoyens qui en sont la base. Bien entendu, une fois constituée, cette structure serait partie intégrante au sein des institutions de l'Union Economique Européenne où elle parlerait d'une seule et puissante voix et où, par son poids démographique, politique, diplomatique et économique, elle aurait de facto la place prééminente. Cette structure ainsi créée devra également rester ouverte et, sur la base de sa constitution, pourra accepter d'autres membres qui y ont incontestablement leur place. Je pense à l'Espagne, au Portugal, à l'Italie et à l'Autriche notamment. Il me parait difficile à court ou moyen terme d'intégrer les autres pays Scandinaves, de l'Est, Balkaniques et Méditerranéens. Peut-être est-ce envisageable pour quelques-uns comme Malte, la Slovénie ou la Grèce mais je n'en suis pas convaincu.


Enfin, j'ai la conviction que l'Europe a besoin d'être « réenchantée ». L'Europe a moins besoin d'institutions que de rêves. L'Europe a moins besoin de nouvelles directives que de passion. L'Europe, c'est d'abord un rêve, une ambition, un espoir qui s'est laissée accaparé par le quotidien, la gestion, le technocratisme tatillon en oubliant d'entretenir la légitimité démocratique. C'est un organe élitiste, une idée et une initiative publique qui a besoin d'adhésion populaire et d'initiatives citoyennes pour avancer. Le rêve est en convalescence et l'adhésion populaire ne suit plus. Il faut par conséquent recréer cet espoir et cette confiance pour permettre à l'Europe et à sa construction de retrouver la place qu'elles méritent dans nos sociétés. Pour cela, je reste convaincu que la position de Ségolène pendant la campagne était la bonne : construire l'Europe par la preuve. L'Europe a besoin de projet restreints mais positifs qui fassent travailler ensemble les Européens et qui les rendent fiers. Airbus et Ariane en sont des exemples, le projet Galileo de GPS européen, très mal en point, doit selon moi être soutenu coûte que coûte. Il existe également des projets plus modestes mais non moins importants dont les effets au long terme seront porteurs tôt ou tard. Je pense notamment à des initiatives telle que la réalisation d'un livre d'histoire et de géographie franco-allemand. Cet ouvrage, paru en 2006, est une première. Il a rencontré dès l'automne un grand succès puisque 60 000 lycéens de terminale, Français et Allemands, ont travaillé dessus l'an passé. Le préalable à tout projet institutionnel doit donc être la création de solidarités à la base et le développement d'expériences humaines.


Pour cela, je suggère deux pistes. D'une part, ici en Lorraine, nous faisons partie de la Grande Région « SarLorLux » regroupant les régions de Lorraine, Wallonie, Luxembourg, Sarre et Rhénanie-Palatinat mais qui est sans véritable visibilité dans la vie quotidienne des citoyens. Servons-nous de ce qui existe déjà et développons les échanges humains dans le cadre de cette « Euro région ». Par exemple, pourquoi ne pas créer une « Euro section » du Parti Socialiste Européen regroupant les sections des villes de Thionville, Trèves, Luxembourg et Arlon ? Cela permettrait d'échanger et d'avoir d'autres points de vue sur des problèmes qui nous concernent tous tels les transports, l'énergie ou encore le bassin d'emploi. Cette expérience, si elle est concluante, pourrait ensuite être poussée plus loin par la création d'une « Euro fédération du PSE ». Le PSE pourrait ainsi faire sortir les socialistes Français, et j'imagine Belges, Luxembourgeois et Allemands, de leurs problématiques et visions purement nationales pour réfléchir à des solutions globales à leurs problèmes communs. Ces réunions, dont la fréquence est à déterminer, pourraient être l'occasion de débattre, de réfléchir, de créer des liens personnels transnationaux mais également d'élaborer des actions coordonnées. J'insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas uniquement de parler de problèmes locaux mais aussi de problèmes nationaux et européens. D'autre part, j'estime que la Grande Région pourrait être le cadre d'échanges scolaires précoces. En effet, les échanges d'étudiants Erasmus sont un grand succès mais ils interviennent à mon sens beaucoup trop tard dans la formation des jeunes pour ancrer l'Europe dans les c½urs. Il me paraîtrait utile de développer les échanges d'écoliers dès la primaire et le collège. Thionville, Arlon, Luxembourg et Trèves sont quatre villes très proches les unes des autres et très bien desservies, pourquoi ne pas favoriser les échanges scolaires allant de quelques mois pour les élèves de primaires jusqu'à une année entière pour les collégiens ? A la fois proches et loin de leurs parents et de leurs pays, ces échanges d'élèves permettraient de favoriser la curiosité personnelle et l'éveil à dès thèmes européens précocement chez des jeunes dont la conscience est en construction. Créer des liens amicaux personnels et transfrontaliers est « malheureusement » une idée neuve en ce début de XXIe siècle.



Légende de la carte :

Rouge foncé : Pays membres de la Fédération Européenne, membre de l'Union Economique Européenne.
Orange : Pays membre à moyen ou long terme de l'Union Economique Européenne.

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 08:46

De mon Europe 1/2

De mon Europe 1/2
Dans cette dernière partie, je ne souhaite pas m'étendre sur l'histoire européenne, les Pères de l'Europe ou encore la paix que cette dernière a permis. Ils sont des acquis plus ou moins solides, mais ils sont là, et je revendique bien entendu ces héritages. Non, je souhaite ici m'intéresser à l'avenir de la construction européenne et tout particulièrement à trois points qui me semblent essentiels pour les prochains choix qui seront fait en la matière.


Tout d'abord, je considère que l'Europe, c'est les Européens. Ainsi, même si les élites ont joué tout au long de la construction européenne un rôle d'impulsion et d'encadrement irremplaçable, l'Europe a aujourd'hui un impact tel dans la vie quotidienne de ses citoyens qu'ils ne peuvent plus être mis à l'écart des choix fondamentaux qui sont faits. Il n'y a plus de construction possible de l'Europe sans les Européens : c'est selon moi la leçon fondamentale des référendum du printemps 2005. Le Comte Richard de Coudenhove-Kalergi n'affirmait-il pas déjà dans son livre PanEurope, paru en octobre 1923 : « La seule force capable de faire la PanEurope réside dans la volonté des Européens ; la seule force pouvant empêcher la réalisation de la PanEurope est aussi cette même volonté ! » Mais également « Pour exister un jour sur la carte politique, la PanEurope doit d'abord s'enraciner dans le c½ur et dans le cerveau des Européens ! ». En 2005, les Français et les Néerlandais ont donc eu la volonté d'empêcher la réalisation de l'Union Européenne telle qu'elle se profilait et, bien qu'inscrite dans les cerveaux, cette Europe est apparue comme n'étant pas complètement inscrite dans les c½urs des Européens. Ainsi, à mon sens, toute volonté d'imposition de nouvelles institutions, toute tentative de construction européenne sans assentiment direct des Européens, fragilise non seulement des institutions et des hommes politiques mais l'ambition européenne toute entière. En passant par le mode de ratification parlementaire pour les nouveaux traités, j'ai le sentiment que c'est une certaine idée de l'Europe qu'on tue progressivement et volontairement.


Ensuite, je considère qu'il faut absolument dissocier la construction de l'Europe politique et la construction de l'Europe économique. En effet, on a trop longtemps laissé les Européens espérer en un progrès politique et sociale de l'Europe pour leur faire accepter des compromis purement économiques. Or, force est de constater que l'Union européenne n'est toujours qu'une Communauté Économique Européenne, une Union Economique Européenne, et que le slogan de Jacques Delors de 1992 : « Donnez nous Maastricht, on vous donnera l'Europe sociale ! » a fait long feu. En 2005, les Français ont clairement affirmé leurs exigences : « Donnez nous l'Europe sociale, on vous donnera la constitution ! ».

Pour réaliser cette séparation sans pour autant renier les traités signés, il est nécessaire de poursuivre dans un premier temps l'élargissement de l'Union européenne. Déjà à 27 membres, toute Europe politique est à mon sens illusoire tant les intérêts nationaux et mentalités nationales sont diverses voire contradictoires. En poursuivant l'élargissement à des pays respectant les mêmes exigences de démocratie et de respect des Droits de l'Homme qu'auparavant tels la Croatie et les pays Balkaniques, la Turquie voire l'Ukraine, on poursuivra non seulement l'extension de la zone de paix, de prospérité et de démocratie que constitue l'Union, mais cela permettra également de vider de son jus politique les institutions européennes actuelles. L'Union redeviendrait aux yeux de tous ce qu'elle n'a jamais cessé d'être depuis l'origine : une zone de libre échange et de prospérité garantie par la paix et la démocratie. Je n'exclus pas de faire entrer dans le cadre de cet ensemble les pays du pourtour méditerranéen qui se seront conformés aux exigences communes à tous les membres. La Méditerranée a toujours été un espace privilégié d'échanges entre l'Europe et le monde, il est logique qu'elle soit intégrée à cette Union Européenne s'étendant de la Mer Blanche à la côte nord-africaine, de l'Atlantique au Caucase. L'Union Méditerranéenne de seconde zone que propose de mettre en place Nicolas Sarkozy est à la fois un signe de mépris pour les grands peuples de ce bassin historique et une faute politique puisqu'il ferme à l'Europe une fenêtre sur trois continents, donc sur le monde.


Légende de la carte :

Rouge foncé : Pays initiateurs de la Fédération Européenne (France, Allemagne, Bénélux), membre de l'Union Economique Européenne.
Rouge écarlate : Pays membre de l'Union Economique Européenne ayant vocation à rejoindre la Fédération (Portugal, Espagne, Autriche, Italie).
Orange : Pays déjà membre de l'Union Economique Europénne ou associés (Norvège, Islande)
Jaune : Pays dont l'intégration à l'Union Economique Européenne est possible à court terme.
Bleu : Pays ayant vocation à entrer dans l'Union Economique Européenne mais dont l'intégration dépend d'une évolution des pratiques démocratiques, des droits de l'Homme, économiques et sociales.
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# Posté le dimanche 18 novembre 2007 08:40

De ma position sur le Traité prétendu Simplifié

De ma position sur le Traité prétendu Simplifié
Brièvement et sans approfondir, il convient de définir les différentes dispositions de ce nouveau traité. Tout d'abord, l'ensemble des symboles d'une Europe politique disparaissent. Ainsi, le terme de Constitution, les références aux symboles tels le drapeau à douze étoiles, l'hymne : l'Ode à la joie, la devise : « l'Union dans la diversité » ou encore la mention « La monnaie de l'Union est l'euro » disparaissent. Le Traité établissant une constitution pour l'Europe laisse ainsi la place à un Traité sur le fonctionnement de l'Union. Les noms qui lui sont accolés sont très diverses : Traité modificatif, Traité simplifié, Traité réformateur, Mini Traité...

Concernant les critiques de gauche sur la Constitution de 2005, il faut signaler que le risque de constitutionnalisation des politiques européennes disparaît puisque la partie III de la Constitution n'est pas incorporée au nouveau traité même si ces dispositions restent dans les traités déjà existant. D'autre part, dans l'article sur les objectifs de l'Union, la référence à la « concurrence libre et non faussée » a été biffée mais ce principe est également maintenu dans les traités existants. Les symboles disparaissent donc mais le fond reste. Enfin, pratiquement toutes les dispositions politiques de la Constitution restent en place dans le nouveau traité (vote à la double majorité, extension de la majorité qualifiée, délimitation des compétences, présidence stable du conseil européen, procédure de codécision du parlement européen étendu, rehaussement du rôle des Parlements nationaux). Le Ministre des Affaires étrangères perd son titre pour devenir un « Haut représentant pour la politique étrangère » mais ses compétences restent identiques. La Charte des Droits fondamentaux se verra conférer une valeur juridique contraignante sauf pour le Royaume Uni et pour la Pologne. Enfin, pour l'anecdote, le droit d'initiative citoyenne est conservé, il permettra à un million de citoyens d'inviter la Commission européenne à soumettre une proposition.



La réaction des pays européens sont de trois ordres. Les pays Scandinaves et Germaniques dénoncent l'égoïsme des Polonais qui insistent pour préserver le compromis de Ioannina. Les pays Méditerranéens sont dans l'expectative et approuvent le texte sans pour autant s'en réjouir. Au Royaume Uni, les journaux dénoncent surtout une perte de souveraineté supplémentaire tandis qu'en France Nicolas Sarkozy est présenté comme le sauveur de l'Europe. Deux réactions de presse nationales sont cependant notables. En Suède, pour le Dagens Nyheter, l'accord « n'est en aucun cas la garantie d'une Europe soudainement harmonieuse. Les tensions et les oppositions sont d'une certaine façon inhérentes au système ». Aux Pays-Bas, le De Telegraaf juge l'accord positif et souhaite qu'il ne soit pas soumis à un nouveau référendum, comme l'ont demandé les partis eurosceptiques de l'opposition. Alain Duhamel parle quant à lui de « brave compromis ». Ce traité est donc loin d'emporter l'enthousiasme de ses signataires.

Pour ma part, en pesant le pour et le contre, j'estime que ce traité n'est pas un traité idéal, loin de là. Les arguments du Non de 2005 ont été contournés mais pas réellement pris en compte sur le fond. Cependant, l'absence de partie III et la Charte des droits fondamentaux qui deviendrait contraignante sont des avancées non négligeables. J'estime que la Gauche, pour ne pas freiner la construction européenne, et que l'Europe sorte plus ou moins de la crise institutionnelle et puisse s'intéresser aux vrais problèmes des citoyens, tout en montrant sa désapprobation vis-à-vis d'un certain nombre de mesures inacceptables, devrait s'abstenir si un vote parlementaire devait avoir lieu. Cela aurait, en outre, l'avantage d'éviter de nouvelles fractures de la Gauche sur ce thème. Cependant, j'estime également, toujours en prônant l'abstention, qu'un référendum serait l'idéal pour l'Europe que j'appelle de mes v½ux.

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 08:17